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 Tales of Destiny : Director's Cut :

Les temps ont changé depuis la sortie du jeu Tales of Destiny sur Playstation en 1997. Lors de la sortie de Tales of Symphonia sur Gamecube en 2004, les joueurs ont commencé à redécouvrir la série et Tales of Destiny fut subitement critiqué pour son gameplay daté. Les gens se demandèrent alors s'il fallait que Namco en ressorte une version plus moderne. Juin 2006, le Destin a basculé: son remake sur PS2 avait été annoncé, et le jeu fut mis en vente cinq mois plus tard. Ainsi recommencent les histoires de Stan Aileron, mais cela en vaut-il la peine?

Rebel against Destiny:

Le jeu commence avec notre protagoniste principal, Stan, confronté à des gardes sur le Lumina Draconis en tant que passager clandestin. Ces gardes questionnent alors le héros, mais le vaisseau est subitement envahi par une horde de monstres.

Alors que l'équipage se fait massacrer devant ses yeux, Stan cherche à travers le vaisseau une arme pour se défendre et se retrouve piégé dans une salle avec des monstres l'attendant à la sortie.
Entendant alors une voix, il cherche à travers la salle et trouve une épée, qu'il utilise ensuite pour se libérer et en profite pour fuir le vaisseau à l'aide d'une capsule de secours. Après ces évenèments, Stan apprend que son épée possède une âme, peut parler, et surtout qu'il est un des légendaires Swordians, Dimlos. Cette aventure le mènera à rencontrer d'autres Swordians Masters tels que Rutee, une Lens Hunter, Lion, un jeune, froid et talentueux épéiste, ainsi qu'un prince, et d'autres personnes comme une jeune archère, une amnésique, une prêtresse, un musicien, un champion, et facultativement une cuisinière. Tout cela dans le but de récupérer l'« Oeil de Dieu », un artefact ayant la puissance de détruire le monde.

Durant cette aventure, nos protagonistes vivront une expérience dans laquelle chacun devra faire confiance à l'autre, et se serrer les coudes dans le but de surpasser tous les obstacles qu'il rencontreront, apprendre l'ultime vérité et ainsi plonger dans le côté obscur de l'histoire ; pourront-ils changer leurs destinées ?

Alors que le scénario est un cliché du RPG type « Nous devons sauver le monde », la première moitié du jeu est plutôt classique et banale tandis que la deuxième moitié réserve beaucoup plus de surprises. Ceux ayant joué à l'opus original sur PS pourront remarquer des petits changements dans ce remake, qu'ils apprécieront ou non. L'ajout de scènes cinématiques apporte également beaucoup dans cette version.

Les personnages, quant à eux, sont particulièrement attachants. Ils sont développés d'une part dans les Face Chats (chose maintenant habituelle dans les Tales of bien que le système d'Emotional Card de ce volet soit plus dynamique) et d'autre part dans l'intrigue pricipale du jeu. La particularité de cet opus sont les arrivées temporaires de certains personnages dans le groupe, le temps de développer leurs petites histoires, ce qui apporte pas mal de crédibilité. Ainsi nous avons dans le groupe, des personnages principaux développés, et d'autres un peu plus secondaires, restant tout aussi intéressants. Les antagonistes quant à eux sont pour la plupart médiocres, mais appliquent bien leurs rôles.

Dans l'ensemble, l'histoire n'est pas vraiment très originale mais se laisse suivre. Bien que l'ambiance soit parfois niaise, qu'il y ait de la parlote inutile, le scénario est doté de charmants personnages et de quelques surprises.


1. Les mobs sont intelligents : ils coopèrent pour envahir le vaisseau.
2. Le système d'« Emotional Card »


Ça gueule, ça pète, c'est jouissif:

Sans aucun doute le plus fun dans la série Le système de combat est le repas traditionnel de la série, réputé pour ses actions en temps réel. Celui-ci réutilise les bases du système et y ajoute une touche de fraîcheur, ce qui donne l'AR-LMBS (Aerial Linear Motion Battle System), offrant la possibilité d'effectuer des combos dans les airs. Et encore, bien d'autres choses ont changé.

Tout d'abord, le jeu original possédait un système de disques qu'on insérait dans les Swordians pour améliorer leurs stats ou leur procurer de nouveaux sorts. Ce système a été entièrement substitué par le système du Swordian Device, qui est plus ou moins lui-même un disque. A l'aide de Device Point qu'on obtient en gagnant des niveaux, battant des boss dans une difficulté supérieure, on remplit des capacités dans le Swordian Device sur six niveaux. Ce n'est ni plus ni moins qu'un système où on remplit des compétences. Bien sûr au cours des combats, on les maîtrisera et on pourra les ajuster comme bon nous semble.

Également une nouveauté qu'est le système du Rerise, qui prend une place importante aux côtés des simples équipements. Tout au long du jeu, on récupère des Lens (des minerais) aux ennemis, ce qui nous autorise à optimiser les équipements. Les Swordians Masters ne peuvent pas se défaire de leur Swordian , ni les optimiser, dû au fait qu'ils possèdent le Swordian Device, mais les autres personnages peuvent continuellement optimiser leurs armes et armures avec plusieurs choix entre les stats, les éléments ou les effets supplémentaires. La même chose pour les accessoires qui sont, à la base des matériaux, qu'on transforme puis optimise avec ce système.

Voici maintenant l'aspect principal qui fait du jeu sa réputation. Le système de combat a été entièrement rénové, avec la substitution des TP/MP par des CC (Capacity Chain). Chaque personnage est doté d'une quantité CC minimum et maximum, et éventuellement de CC fixe, qu'on peut augmenter au long de l'aventure. Chaque action que ce soit, attaque normale, technique, magie, double saut, mis à part les mouvements standards, coûte une quantité précise de CC. Les actions peuvent valoir de 1 à 6 CC sachant qu'on ne commence au début qu'avec 2~5 CC (minimum~maximum), c'est-à-dire que la chaîne revient à 2, après avoir constitué la chaîne de 3, 4 jusqu'à 5. Utiliser des techniques et magies dépend du nombre actuel de CC. On peut continuellement enchaîner un adversaire jusqu'à que les CC s'épuisent, attendant que la chaîne se restaure. Comme dit plus haut, le système de combat est basé sur des combats aériens : on peut soit choisir de combattre sur le sol, typiquement comme les autres Tales of, ou bien choisir d'effectuer des combos aériens (la plupart des techniques est maintenant faisable en l'air), jusqu'à ce que nos CC s'épuisent. Le choix de combattre au sol ou dans les airs dépend de chaque personnage et de notre style.

Au niveau de la difficulté, il y en a définitivement. On peut maintenant passer à travers un ennemi si celui-ci n'est pas en garde, et vice-versa: un ennemi de type melee peut alors courir vers nos mages et leurs mages profiteront aussi de cette ouverture, c'est pourquoi il est maintenant nécessaire d'avoir un groupe bien équilibré. Bien sûr, on peut faire de même, mais il faut savoir qu'ils sont assez intelligents. Les faiblesses et résistances sont également importantes dans les combats, si l'on veut voir nos dégâts doublés ou bien réduits de moitié, ceci étant valable pour le joueur ainsi que pour l'ennemi. Et de même pour les altérations d'état, sous peine de se faire tuer en dix secondes, élément encore une fois valable pour le joueur et l'ennemi.

Dans l'ensemble, c'est très amusant. Le début peut sembler lent dû au manque de CC, mais plus tard dans le jeu, les combos custom sont vraiment géniaux à effectuer. Les ennemis sont vraiment agressifs, il faut donc exploiter le moindre détail dans les combats si l'on veut gagner, surtout dans une difficulté supérieure. Quant aux puzzles des donjons, ils sont assez simples en général, à quelques exceptions près.



3. Stan brûle un vieux.
4. Ça peut partir haut (malheureusement pas ici).


Et c'est beau:

Il faut bien le dire, c'est visuellement impressionnant. Au niveau des combats, aucun reproche à faire. Les sprites sont dans la veine de Tales of Rebirth, c'est-à-dire très bon couplés au chara-design des personnages par Inomata Mutsumi, qui est probablement l'un de ses meilleurs travaux. Les effets 3D sont également dynamiques et bien réalisés, surtout avec les hiougis ici nommés Blast Calibers, des attaques ultimes accompagnées de jolis cut-ins et d'une très belle animation.

En dehors des combats, les décors sont en 3D, ce qui est nouveau pour un opus 2D. La direction artistique est très bonne avec des villes bien foutues et vivantes. Le design des donjons est par contre répétitif, avec les mêmes textures du début à la fin, pouvant facilement embrouiller le joueur. Les sprites quant à eux, sont décents, avec une animation également correcte. La carte du monde n'est pas ce qu'il y a de mieux ici, mais reste cependant un grand pas en avant pour le standard de la série: tout est en 3D, le personnage mal modélisé y compris, mais les décors le sont assez bien, avec des petites touches supplémentaires comme des oiseaux, des lapins, et des cailloux dans lesquels on peut tirer.

De nombreuses scènes cinématiques ont également été ajoutées, toujours animées par le studio de qualité : Production I.G. Les graphismes sont ce qui se font de mieux dans la 2.5D. Il y aurait pu avoir des améliorations avec plus d'investissements, mais ce remake montre bien que de la belle 2D est toujours possible, avec un rendu équivalent voire supérieure à des jeux 3D de nos jours. Certes ce n'est pas la beauté d'Odin Sphere, mais le travail effectué est amplement suffisant pour retenir l'attention.


5. Un mélange 2D/3D qui rend bien.
6. Les effets des Blast Calibers poutrent.


Même la musique est bien:

On parle là d'un des meilleurs compositeurs au monde, je nomme Motoi Sakuraba, et la bande-son originale de Tales of Destiny était une des seules dans la série à être bien solide. Qu'en est-il pour la version PS2? Et bien, le générique d'ouverture est le même mais toutes les musiques sont réarrangées et de nouvelles sont ajoutées, réécouter des musiques nostalgiques dans une nouvelle version ne fait pas de mal. Cette bande-son est sans alors sans aucun doute à mon humble avis, ce que Sakuraba a fait de mieux dans la série.

Les voix dans la version originale étaient floues et compressées. Et à présent, le jeu est presque doublé entièrement, avec un casting de seiyuus mémorables: Tomokazu Seki, Midorikawa Hikaru et Norio Fucking Wakamoto pour ne citer qu'eux. Le doublage est donc de très bonne qualité, il suffit d'écouter Stan en combat. Quant aux bruitages, rien de vraiment particulier, le travail est appliqué.

Au final:

Une trentaine d'heures de jeu pour quelqu'un qui s'y connait à peu près en japonais, et plus pour le reste, cela pour une première partie sans quêtes. Une raison d'y retourner? Oui. Le jeu ne possède pas l'habituel grade shop où l'on choisit des bonus comme expérience x10, gald x2 en ayant consommé des grades tout au long du jeu. Il propose à la place six options différentes pour le New Game+ comme Float Gravity (moins de gravité, plus de combos aériens), Extend Chain (plus de CC) etc... On gagne aussi de nouvelles difficultés, ainsi que des techniques secrètes et un donjon bonus.


Conclusion:

Qu'est-ce qu'un remake? C'est ce que Tales of Destiny est, et non un simple portage avec deux, trois pauvres choses en plus. Refonte des graphismes, nouveau et bon système de combat ainsi que des suppléments inédits, musiques réarrangées, doublage exceptionnel et plusieurs raisons d'y retourner. Les vieux RPGs ne devraient pas retourner dans leurs tombes, mais plutôt revenir en bonne forme!

+ Système de combat
+ Graphismes 2D/3D
+ Personnages

- Scénario classique
- Un peu court

Note finale: 16/20

Review réalisée par Senjougahara