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 Tales of Innocence :

Censé marquer le renouveau de la série, autant globalement que sur DS, Innocence est le premier opus d'une nouvelle vague dites ' next tales of ' qui accueillera également fin 2008 Tales of Vesperia. Délégué à un studio externe (chose n'ayant pas vraiment réussi à la série) Innocence devait marquer le tournant d'une série que l'on reprochait trop productive et se reposant trop sur ces acquis. Seulement laisser le renouvellement d'une série à un studio qui jusque là ne s'était occupé que de spin-off tales of the world représentait-il la meilleure solution ? C'est ce que nous allons nous efforcer de voir'.

Graphismes : 18/20

Pour noter cet aspect je pense qu'il est judicieux de le faire du point de vue de la plate-forme sur laquelle le jeu tourne, et le constat est on ne peut plus positif :
La 3D est somme toute magnifique, peu voire aucuns jeux ne peuvent se targuer de posséder une telle finesse au niveau des textures, la modélisation de chaque protagoniste (très nombreux au demeurant) ami comme ennemi est un modèle du genre et leurs animations s'avèrent on ne peut plus honorables. Petit regret, durant les scènes doublées les bouches des personnages restent cousues et c'est d'autant plus incompréhensible que cela n'aurait pas nécessité de faire des efforts surhumains dommage donc'

En combat chaque attaque est fort bien rendue et accompagnée de son petit effet souvent bien choisi, la mappemonde (un des gros défauts de la saga) n'est pour une fois pas cantonnée à un amas grossier de pixels bourré d'aliasing, mais à une carte full 3D aux contours fins et à la distance d'affichage plus qu'honorable.
Les villes ont également été modélisées avec le plus grand soin grâce, notamment, à l'emploi d'une 2D discrète et très appropriée pour certains éléments du décors, les donjons, bien que plus sobres, s'avèrent divers et variés et l'on écopera des traditionnels donjons de la neige, de la jungle, du volcan, de la grotte malfamée etc.
On pourra également reprocher au jeu quelques bugs d'affichage deci-delà , de rarissimes baisses de frame-rates (la fluidité) et l'absence totale de cinématiques si l'on exclu l'opening, mais le constat global est plus que positif : Tales of Innocence est probablement à ce jour l'un des plus beaux jeux DS en 3D disponible et quand on voit la concurrence ce n'était pourtant pas une mince affaire de réaliser une telle prouesse alors bravo aux équipes d'Alfa System.


La diversité des lieux visités fait plaisir à voir

Scénario/Aventure : 12/20

Ouch c'est bien là j'ai peur que le bât blesse, en effet le scénario, qui n'est pas mauvais en soi, se trouve allègrement gâché malgré une trame de base qui fourmillait de bonnes idées :
C'était en des temps forts éloignés, une dispute entre les dieux éclata quand à la teneur de l'avenir du monde.
Certains souhaitaient créer un nouveau monde en réunissant ciel et terre alors que d'autres s'y opposaient farouchement, ces deux camps étaient dirigés par Ratio et Censas et un individu fit pencher la balance d'un des deux cotés : Asura.

Nous sommes bien des années plus tard et la guerre est finie depuis maintenant bien longtemps et chacun l'a oublié tout comme l'existence des dieux, néanmoins certaines personnes nommées ' Inousha ' semblent avoir héritées de résidus de ces pouvoirs du passé.
Ceux-ci sont pourchassés et utilisés comme chair à canon par l'armée de Regnum'
C'est dans cette ville que vit Ruca Milda un paisible étudiant timoré vivant une existence des plus banales jusqu'à ce que son chemin ne croise celui de Iria Animi une jeune femme de son âge poursuivie par un mystérieux groupuscule.
Pris au piège en sa compagnie Ruca se révèlera être lui aussi un "Inousha" et pas des moindres, il est la réincarnation de Asura'
Contraint à la fuite notre paire de héros entamera un périple euh' initiatique rejoint par des personnalités différentes toutes liées à Asura dans leur ancienne vie, des méchants pas vraiment méchants, des gentils qui en fait sont méchants, la traître, le méchant schyzophrène (dédicace à KKKaze) tous les grands classiques y passeront dans une (sur)abondance de persos dont peu arriveront à s'extraire du lot.
Et le problème c'est que le tout s'enchaîne dans des situations convenues ou seules deux ou trois questions nous tiendront en haleine, qu'est il arrivé à Asura et qui est Matthias ?

Bon point également : les skits très nombreux et doublés pour certains, ces dialogues amusants vous permettront pour quelques uns d'augmenter l'amitié entre les personnages, le système est au final pas franchement utile mais s'avère globalement amusant : un coup d'essai en attendant mieux on l'espère.

Reste le déroulement de l'aventure : Alfa System n'a développé que des spin-off et cela se sent, la progression est toujours la même Ville/donjon/Bateau, les villes sont d'un vide désespérant l'auberge la boutique la guilde et ' c'est tout ou presque, les PNJ vous débitent des banalités à un tel point que cela en devient consternant, le level-design pour les donjons se révèle également banalissime : au commencement il suffit de foncer tout droit et puis au fur à mesure cela se complique : un chemin à gauche qui mène à un coffre puis un chemin à droite on ne peut pas dire que le jeu soit un foudre de guerre dans ce domaine'
Finalement on enchaîne les donjons sans trop y croire en cassant du mob pour passer le temps, et à ce propos il faut noter que les combats ne sont pas aléatoires comme dans tempest, cependant il arrive (trop ?) fréquemment que ceux-ci s'avèrent malgré tout inévitables lorsque l'ennemi bloque le passage vers le couloir suivant ou lorsque que plusieurs d'entre eux décident brusquement de courir vers votre personnage, le pire restant le fameux donjon de la neige ou par manque de lisibilité (et de finalisation du jeu sans doute) il arrivera que des ennemis apparaissent directement sur votre personnage, agaçant à la longue'


Hasta le méchant schizophrène qui enchantera petits et grands

Gameplay : 18/20

Pour la première fois dans la série un opus laisse la part belle à la customisation : du personnage à l'équipement jusqu'aux stratégies le renouveau proposé par cet épisode apporte un vent de fraicheur bienvenue dans la saga.
Vous attribuerez à chaque perso un style à choisir parmi 4: Advance/Wisdom/Gardian/Technical (plus 2 secrètes à débloquer Innocent/Versus) qui se résume à peu près à Attaque/Magie/Défense/Technique

Le choix du style en lui même n'apporte pas de changements majeurs à votre personnage (tout juste des bonus de l'ordre de +10% dans la caractéristique correspondant à votre classe), l'intérêt du système est même plutôt de faire du job levelling (indépendamment du level de votre personnage) avec les 4 styles disponibles pour débloquer un maximum de caractéristiques.
En effet, votre personnage dispose de 5 slots pour équiper des compétences, débloquées au fur et à mesure que vous progresserez dans vos job levels.
Bien sûr, tout n'est pas aussi simple, ces slots sont pour la plupart verrouillés, les deux premiers sont offerts d'entrée de jeu, le trosième se débloque en atteignant le base level 10 avec votre personnage, le suivant en atteignant le 30 et le dernier pour les fans de leveling au niveau 90 (pour l'anecdote j'étais au 55 quand le boss final a rendu son dernier souffle).
Ensuite libre à vous d'équiper n'importe quel compétence !

Par exemple, mettons qu'au job level 10 du Gardian vous débloquiez la compétence "+20% de PV" et, dans le même temps, vous atteignez le job level 10 en Advance, vous débloquiez "+10% en attaque" rien alors ne vous empêchera d'équiper ces deux compétences pour votre personnage.
Les possibilités de personnalisation sont donc presque infinies, d'autant plus qu'arrivé à un certain stade, le job level augmente beaucoup plus lentement
(Note: Vous pouvez changer de style à tout moment sans perdre le niveau du style que vous aviez équipé auparavant, mais bien sur vous ne faites évoluer qu'un seul style à la fois)

Pour les armes, le système s'avère plus simple et se résume grossièrement à récupérer des minerais (que l'on trouve un peu partout) et de regarder si vos armes disposent de slots d'équipement (de 0 à 3) pour lui attribuer un minerai qui lui affectera des compétences particulières.

Au niveau de la stratégie il s'agit clairement d'une réussite : Réparti dans 5 domaines Offensif/Défensif/Recouvrement/Support/Divers les 5 ordres que vous attribuerez aux personnages gérés par la console (par ordre de priorité) permettront à vos personnages d'adopter une attitude adéquate, cependant tout n'est pas gratuit et à la manière des gambits dans FFXII (sacrilège !) il faudra payer pour disposer de la plus grande palette d'ordres différents possibles.

Au niveau des combats et bien, il y a des multitudes de techniques évidemment (et les "Hi-ougis" déblocables avec un des deux styles secrets), et deux trois petits détails faisant la particularité de ce Dimension Stride Linear Motion Battle System :
La petite barre en rouge, nommée "Eveil" au dessus des PV pendant les combats notamment :
Celle-ci se remplit en cognantet en parant les coups des ennemis, une fois rempli vous pourrez lui trouver plusieurs utilités:

- Tout d'abord, tentez de la conserver remplie le plus longtemps possible en frappant ; en effet, une fois déclenchée (automatiquement), vous vous verrez entouré d'un cercle lumineux et toutes vos statistiques se retrouveront boostées de manière conséquente.

- Vous pourrez également déclencher une sorte d'attaque à l'unisson, l'"Infinity Jam" en pressant simultanément les deux gâchettes, l'ennemi visé est alors incapable de parer les coups et vous enchaînerez les combos en switchant les persos avec L (la durée est limitée évidemment) ;

- Ou alors, vous déclencherez un "Hi-Ougi" en pressant A et B simultanément (et si vous avez équipé la compétence requise). Inutile de dire que cela occasionne des dommages conséquents et qu'en principe, tous les monstres communs ne survivent pas à l'attaque' pour les boss, c'est une autre histoire.
On regrettera au passage que chaque personnage ne dispose que d'un seul "Hi-ougi"'

Pour les commandes de bases, et bien la croix pour se déplacer, en pressant la gâchette R vous vous déplacez librement dans l'arène, L vous permet de prendre le contrôle d'un des deux autres personnage à N'IMPORTE QUEL MOMENT du combat, START pour faire une pause , X ouvre le menu (objet, techniques équipement, stratégie etc.), Y sert à parer, contrer les attaques magiques et également à contourner l'adversaire en pressant la croix en même temps.
A pour les coups basiques (entre 3 et 6 selon le personnage et sa classe), et B pour les techniques (en associant une direction pour en enchaîner plusieurs).
Tous les personnages s'avèrent très maniables, mais une fois encore le double épéiste s'avérera être le plus agréable à jouer pour les novices on pourra aisément sortir 30 combo sur la fin rien qu'avec ce personnage et, à ce sujet d'ailleurs, on notera que très vite le nombre de combo grimpera à des hauteurs insoupçonnées (ne soyez donc pas surpris de voir la centaine arriver lors d'un boss battle).
Il est également intéressant de remarquer qu'un système de notation a été mis en place à la fin de chaque combat s'étalonnant de E à S avec vos 5 meilleurs scores retenus pour la postérité dans le menu "Library" .

Avant d'engager le combat et en appuyant sur Y à proximité d'un monstre vous entamerez le pugilat en blessant l'adversaire (coutournez l'adversaire aura le même effet mais la manoeuvre s'avère encore plus délicate), cependant cela reste assez peu évident puisque dans la pratique il faut se trouver juste à coté de l'adversaire ET dans un bon angle.

La cuisine, marque de la série, est également présente avec une quantité de recettes différentes assez impressionnante (100 ni plus ni moins) aux effets divers et variés qui sauront susciter votre intérêt.
L'essentiel de l'exploration se fera à pied, mais sur la toute fin, vous récupérerez un aéronef pour explorer le monde, comme on dit mieux vaut tard que jamais.

Dernière remarque : on est sur DS et cela ne se voit pas, stylet, micro et wifi sont complètement occultés et si cela ne nuit pas à l'expérience de jeu les développeurs auraient tout de même pu se creuser la tête pour trouver une manière intelligente d'en tirer parti, dommage.


Le système de style bien pensé

Durée de vie : 14/20

Une trentaine d'heures et peu de raisons d'y retourner à vrai dire.
Cela se situe un brin au-dessus de la norme des RPG DS de nos jours mais un peu en deçà de ce qu'un Abyss ou un Symphonia nous offrait.
Cependant l'aventure pourra être jouer simultanément jusqu'à 3 joueurs pendant les combats et quelques quêtes annexes pourront vous occuper quelques heures supplémentaires si le c'ur vous en dit :
Le forbidden Guild District un donjon de 100 étages aux monstres relativement costauds.
Les missions de guildes, nombreuses mais peu variées et insipides (cela se résume généralement à casser du mob au Guild District du coin) Et bien sur l'habituel compendium à réserver aux joueurs acharnés ainsi que l'exploration complète du jeu à 120% (en sachant que lors d'une première partie on le termine aux alentours de 80% en moyenne).
Le système de grade points permet également de récupérer toutes ses données lors d'un new game+'
Comme vous le voyez cela se résume tout de même à du gonflage artificiel de durée de vie, pas de réelles quêtes annexes ou de petites histoires optionnelles capables de vous tenir en haleine le jeu a clairement été conçu pour être fait d'un seul trait avec deux trois bonus collés à l'arrache pour les hardcore gamers.
Petite déception donc'

Bande son/ Bruitages : 14/20

Mauvais point pour la sound track du jeu, les pistes, peu nombreuses, s'avèrent pour la majorité être fade et répétitives'
J'entends par là le thème des battle (il n'y en a qu'un seul !) et de la mappemonde par exemple, le summum de la banalité étant atteint avec le thème des boss battle (unique lui aussi ') d'une lenteur et d'une mollesse affligeante alors qu'on s'était habitué à des pistes dynamiques dans les autres tales qui nous galvanisaient pendant les combats.
Heureusement tout n'est pas tout noir, en effet une grande partie des scènes du jeu s'avère être intégralement doublées, du jamais vu pour la DS au vu des capacités de stockage limitées de ses cartouches (128Mo), les combats s'avèrent être eux aussi intégralement doublés et la belle Kokia redonne du tonus à l'ensemble avec l'opening (Follow the Nightingale) et l'ending (Say good bye good day) hélas en version courte et l'on finira sur le thème de l'ultime combat qui remplit parfaitement son office l'une des seules pistes du jeu digne de votre playlist très certainement. Les bruitages dans la pure lignée des tales of passent eux sans problèmes.


L'opening un des rares moments de réjouissance sonore

En bref : 15/20

Tales of Innocence se pose clairement comme un des meilleurs RPG sur DS et également comme un digne représentant de la série tales of après un Tempest catastrophique.
Bourré de nouveautés et apportant de nombreuses bonnes idées dans la forme le titre souffre néanmoins de défauts conséquents non négligeables : linéarité, manque de challenge, OST rebutante'
Il ouvre cependant la voie à des nouveaux épisodes qui si ils savent tirer parti de ces erreurs ne pourront que faire mouche !


Asura le dieu par qui tout est arrivé

Review réalisée par Fisico