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 Tales of the World : Summoner's Lineage :

Dans la famille des Tales of the World première génération se trouvent quelques jeux plutôt méconnus de par chez nous, dont le seul représentant ayant réellement percé (à prendre avec des pincettes) est Narikiri Dungeon 3.
Parmi ceux-ci, Summoner's Lineage, sorti sur Game Boy Advance courant 2003 au Japon, se veut une petite originalité de la série puisqu'il n'en possède véritablement que le nom et un environnement commun avec Tales of Phantasia.

Retour sur l'un des vilains petits canards de la série.


Scénario : 15/20

L'aventure prend place 411 ans après les évènements de Tales of Phantasia, avec un personnage que certains assimileront rapidement, à raison, à Klarth F. Lester, puisqu'il ne s'agit ni plus ni moins que de l'un de ses descendants : Fulein K. Lester.

Le ton est donc donné, et c'est sans nulle surprise qu'on le découvre en pleine exploration d'anciennes ruines. Pensant trouver un anneau de pacte, dont la recherche lui prend le plus clair de son temps, il réveillera accidentellement la fée Macaron, ou plutôt une fée-androïde, d'un sommeil dans lequel son ancien maître l'avait plongée avant de mourir.
Fulein deviendra alors son nouveau maître ; et bien entendu, c'est ce duo qui prendra la place principale de Tales of the World : Summoner's Lineage.

Parallèlement, vous découvrirez les malheurs qui frappent l'androïde Xex et son créateur, le Dr Garrel. Ce dernier, considéré comme un traitre par le royaume pour avoir utilisé une technologie interdite, est tué sous les yeux de sa création. Xex entrera alors dans une rage folle, délivrant vite autant de puissance que Dhaos à en croire Fulein.
Notre héros parviendra à le mettre en déroute, ce qui lui vaudra d'être enrôlé par la cour pour une lourde tâche : ramener Xex pour qu'il soit jugé, voire exécutté.

Commencera alors un périple pour Fulein et Macaron aux quatre coins du monde afin de mener leur mission à bien. Bien entendu, de nombreux personnages viendront vous prêter main-forte, parmi lesquels des personnages exclusifs comme Mark ou les jumeaux Velga et Volga, ou même des invocations sacrées à l'instar Sylph ou Undine. Même les Héros du Temps seront de la partie, c'est-à-dire ni plus ni mois que le casting de Tales of Phantasia.

Bref, un scénario assez prenant et un poil naïf, malgré que la trame principale ait un parfum de déjà-vu (l'éternel schéma du héros qui combat le mal pour le bien de l'humanité), mais qui bénéficie néanmoins d'un souffle nouveau grâce au système d'invocation et à un environnement qui a sû faire ses preuves dans Tales of Phantasia.


Graphismes : 12/20

La 2D règne en maître sur la portable de Nintendo, et gratifie ce jeu de graphismes légèrement améliorés par rapport à ceux de son aîné, Naikiri Dungeon 2. Paradoxe quand on considère la différence entre le cahier des charges : Summoner's Lineage est un Tactical, donc moins dynamique sur le papier que son prédécesseur (en réalité, il possède le minimum syndical en ce qui concerne le dynamisme). On aurait donc pu s'attendre à largement mieux vue la charge de travail amoindrie.

Au final, des graphismes simples et sobres, certes, mais qui le sont peut-être trop. L'arène des combats est entourée d'un arrière-plan bleu, et la carte lors des missions repose sur un fond psychédélique inapproprié.
Les animations lors des combats sont pauvres, entre les personnages (deux frames qui tournent en boucle pour montrer que le personnage bouge) et leurs attaques (simple suite d'images qui est généralement peu extraordinaire et agrémentée d'un zoom).
Bref, un manque de finitions et un baclage regrettables.

Bon point néanmoins pour les graphismes des personnages lors des combats qui sont très soignés, dans un style assez "mignon" qui fait forcément penser à Pokemon.
Bravo également pour l'adaptation des différents personnages et invocations issus de Tales of Phantasia, qui a le don d'apporter un brin de fraîcheur après leurs avatars discutables sur la version Playstation.

Gameplay : 14/20

Comme dit en introduction, ce jeu a quelques similitudes avec les autres Tales, mais rompt des liens sur des éléments récurrent et bien ancrés de la série.

L'évolution au cours du jeu est propre à un Tales of the World : pas de déplacement en temps réel dans les villes ou les donjons, mais plutôt une succession de scènes où il vous faudra faire certains choix pour progresser. Pendant cette phase, vous verrez les têtes des participants à la discussion, ainsi que le dialogue qui s'en suit.
Pour vous déplacer d'un lieu à un autre, pas de nouveauté non plus puisqu'il vous suffit de déplacer un petit personnage sur une carte du monde vue de haut sur la destination à atteindre.
En résumé, le jeu se résume à une succession de scènes et de missions.

Bref, du déjà-vu en ce qui concerne les spin-off, et ça ne choquera pas les gros fans de la série.

Là où ils risquent d'être déroutés, c'est en découvrant le système de combat. En effet, le LMBS (Linear Motion Battle System, système de combat décliné à toutes les sauces depuis le début de la série) disparaît au profit d'un système inédit propre à Summoner's Lineage s'apparantant à un Tactical.

Ainsi, comme dans les grands classiques du TRPG, vous voyez la carte de combat de haut et, alternativement, vous et l'ordinateur dirigez vos troupes respectives de case en case afin de défendre chacun des objectifs pré-établis.

Contrairement à d'autres Tacticals, pas de système de recrutement de troupes ici : lors des combats, vous commencerez le combat avec Fulein comme seule unité. Grâce à ses habilités héritées de son ancêtre, il vous faudra alors l'amener sur un cercle d'invocation afin de summoner des unités humanoïdes (fighter, elf...) ou bestiales (gobelin, harpy...) pour lui prêter main-forte. Attention néanmoins car les invocations consomment une quantité de Mana relative à l'unité appelée ; Mana que Fulein possède en quantité limitée bien entendu.
Au moment de l'invocation, vous aurez un choix à faire : appeler une toute nouvelle unité ou une créée lors d'un précédent combat. La différence est souvent significative puisque les personnages déjà invoqués ont généralement acquis des niveaux, alors que les nouveaux-invoqués partent niveau 1. A la manière d'un Disgaea (moins poussé, évidemment) donc, vous pourrez retrouver d'une mission à une autre vos combattants ; et bien entendu, dès qu'une unité a atteint un certain niveau, libre à vous de la faire monter à la classe supérieure pour bénéficier de nouveaux sorts, et généralement améliorer ses points forts.

L'union fait la force, aussi il vous faudra apprendre à organiser vos troupes en petits groupes (trinômes maximum) pour plus d'efficacité ; ce qui, par la même occasion, placera les plus frêles en retrait pour leur éviter des dommages fatals. Surtout que, détail facheux, les personnages morts ne peuvent être ressucités ; or, au début du jeu une unité évoluée, ce n'est pas négligeable, donc autant essayer de ne pas les sacrifier inutilement.

On pourra compter sur d'autres éléments classiques de l'univers du TRPG pour agrémenter les combats de Tales of the World : Summoner's Lineage, à savoir les attributs.
Chaque personnage possède un attribut (ou élément), et bien entendu un cycle régit ces derniers : l'eau l'emporte sur le feu, les unités aériennes ont l'avantage sur les terriennes... Ajoutez à cela que le relief du terrain peut apporter des bonus à telles ou telles unités (forêt, ville, rivière...), et vous obtenez un système assez complet en fin de compte, et que vous devrez rapidement maîtriser afin de ne pas succomber au bout de quelques tours.

Dernier détail : pour améliorer vos unités vous pourrez les équiper de toutes sortes d'objets (équipement, éléments magiques...) qui augmenteront leurs statistiques.
Ces derniers s'obtiendront notamment en anéantissant vos ennemis, mais aussi, détail important, en vous baladant sur la carte.
En effet, ces objets invisibles à l'oeil nu se trouvent sur certaines cases, et vous ne saurez qu'ils existent qu'en vous arrêtant sur celles-ci. Egalement, lorsque vous reprenez le contrôle d'une ville auparavant aux mains de l'ennemi (symbolisée par un petit écusson rouge), vous pourrez discuter avec les villageois qui vous remercieront souvent par quelques présents. Ces avant-postes vous serviront, par ailleurs, à soigner le groupe d'unités se trouvant dessus, ce qui n'est pas à négliger puisque nous n'avons pas la possibilité de désinvoquer une unité endommagée.

Bref, en plus de devoir repousser les assauts hostiles de votre adversaire, vous devrez envoyer quelques groupes afin d'explorer la carte pour améliorer vos unités et donc vous faciliter la tâche dans le futur ; et le tout, en essuyant le moins de pertes possible pour ne pas être forcé d'invoquer que des niveaux 1 lors de la prochaine mission.
Tout un programme qui fait que ce jeu est, au final, assez compliqué à prendre en main, dont la difficulté devrait en rebuter plus d'un (parce que même si on finit par avoir tous ces éléments en tête, la difficulté du jeu reste assez frustrante).


Durée de vie : 12/20

La durée de vie de Tales of the World : Summoner's Lineage est moyenne : comme cela a été dit précédemment, le jeu alterne entre phases de combats et de dialogues uniquement. Pour améliorer vos unités, vous ne pourrez vous y prendre que durant les bataille puisqu'il n'y a pas de quêtes annexes (hormis quelques missions n'ayant aucun rapport avec la trame principale, proposant une difficulté autrement plus élevée que lors des missions obligatoires) ou de phases d'exploration. Un bon moyen, en somme, d'être vite dérouté au bout de quelques heures si on n'arrive pas à garder des unités puissantes sous la main.
Les joueurs les plus assidus retourneront peut-être les quatre coins de la carte durant les batailles afin de récolter des objets qui traînent ou bien afin d'anéantir tous les ennemis pour avoir la meilleure équipe au final, mais à part ça le jeu ne propose pas de challenge.

Un jeu que l'on aura donc terminé au bout d'une vingtaine d'heure (dont le premier quart de ce temps servira à comprendre tous les rouages du système), mais qu'on ne recommencera pas forcément dans l'immédiat.

Bande son : 9/20

Bien que le jeu soit sorti sur GBA (et donc que le matériel sonore soit limité), les musiques sont franchement à la limite de l'acceptable.
Aucune ne saura vous transporter et marquer vos esprits : après de nombreuses heures, on en vient parfois à tenter, en vain, de se remémorer les musiques du jeu, si tant est que vous n'ayiez pas décidé de couper le son dès la première.

Lors des combats les bruitages sont minimums (bruits de coups tout au plus) et seul un cri, très "Pokémonesque", plutôt masculin ou féminin sera associé à un personnage lors de sa mort (qui d'ailleurs, par la faute des développeurs, dévoile un gros spoiler à un moment donné...).

En conclusion, une grosse déception, surtout lorsqu'on s'amuse à comparer avec l'arsenal de Narikiri Dungeon 3 ou même avec Phantasia premier du nom. Dommage...

En bref : 12/20

Tales of the World : Summoner's Lineage est un jeu dans lequel on ne s'ennuit pas grâce à un fil directeur et à des protagonistes intéressants. En dépit de cela, les graphismes, au même titre que la bande son, ne sont pas au niveau ; mais le jeu se terminant vite, on arrivera à la fin avant de s'en être vraiment lassé.

Un titre conseillé avant tout aux fans de TRPG, car les fous de Tales ne seront comblés que de par la référence à Phantasia et ne considéreront pas forcément ce jeu comme faisant partie intégrante de la saga.

Review réalisée par Leon