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 Tales of Rebirth :

Après Tales of Destiny 2 et le port de Tales of Symphonia, la PS2 voit arriver fin 2004 le troisième opus de la série principale. Si le premier avait révolutionné la série en ajoutant de nombreux éléments comme la garde magique, l’overlimit, ou encore le Grade Shop, le deuxième, quant à lui, était le précurseur des Tales 3D et surtout celui qui a fait découvrir la série à bon nombre de personnes. Qu’attendre donc de ce nouvel opus ?

Premier point à noter, le jeu revient à un système en combat en 2D. Cela pouvait paraître surprenant à l’époque alors que le port PS2 de ToS venait tout juste de sortir trois mois plus tôt, mais ToR apporte son lot de nouveautés dont certaines se retrouveront dans d’autres opus 2D sortis ultérieurement, notamment l’abandon des TP et un système de combat qui se veut rapide, qui démontrent qu’il est possible de réaliser un excellent système de combat sans nécessairement passer par la 3D.


Scénario :

Du point de vue du scénario, l’histoire débute par la mort soudaine du roi Ladras, souverain des Huma (des individus semblables aux humains) et des Gajuma (des individus aux traits d’animaux). Cet événement, nommé Crépuscule de Ladras, a été accompagné chez certains sujets du royaume par l’éveil soudain de leur « Force ». C’est notamment le cas du jeune Veigue chez qui se développe la Force de la Glace. Comme pour de nombreux autres individus, ce dernier est incapable de contrôler ce pouvoir formidable qui s’éveille soudainement en lui et il emprisonne son amie Claire dans les glaces. Il restera un an devant le cercueil de glace jusqu’à ce que deux voyageurs, Eugene, un Gajuma aux traits de panthère noire, et Mao, un jeune garçon, viennent à sa rencontre et que ce dernier utilise la Force du Feu pour libérer la jeune fille. Malheureusement les retrouvailles sont de courte durée car à peine sortie de sa prison de glace, Claire est enlevée par le Bouclier du Roi, dont les hommes parcourent le monde sous les ordres de la jeune reine Agarte qui a succédé à son père. C’est donc pour secourir son amie que Veigue acceptera finalement de partir avec Mao et Eugene et se retrouvera entraîné dans un complot beaucoup plus complexe animé par la haine croissante se développant entre Huma et Gajuma. Je ne m’étendrai pas davantage sur le scénario pour vous laisser le découvrir vous-mêmes, mais sachez que ce dernier est suffisamment bien ficelé (pour un Tales notamment). On regrettera toutefois qu’il soit un peu lourd par moments et surtout beaucoup trop hâtif sur la fin.

Concernant les personnages, ceux-ci ont chacun ont chacun leur propre histoire, détaillée au fil du jeu, et les différents screen chats, tantôt sérieux, tantôt amusants, vous permettront d’en apprendre plus sur eux. Ces saynètes sont, comme souvent pour les versions japonaises de la série, entièrement doublées. Les antagonistes ont également un minimum de background pour les rendre suffisamment intéressants. Je préfère néanmoins vous laisser découvrir tout cela par vous-mêmes.


Graphismes :

Côté graphique, l’utilisation de textures 2D rendent le jeu très beau, et on appréciera la variété des lieux et des villes visitées qui fourmillent de petits détails. On regrettera toutefois que la carte et les personnages sur celle-ci soient toujours aussi grossiers, comme c’est souvent le cas dans la série. On notera aussi la répétition de certains décors pour certains donjons. En combat toutefois, les effets visuels des techniques et des sorts sont magnifiques et les hi-ougi, qui ne servent ici que de techniques de finish, valent largement le coup d’œil tant pour leur beauté que pour la diversité dont elles font preuve.


Gameplay :

Continuons à parler de combats, car c’est ce qui fait toute la spécificité et la force de cet opus. Rebirth reforge en effet entièrement les bases du système de combat auxquelles ont été habitués les joueurs de la série.

Tout d’abord, il serait erroné de dire que le système de combat de ce Tales est en 2D pure et dure. Le jeu utilise le Three-Line Linear Motion Battle System, et comme son nom l’indique, les combats ont lieu sur trois lignes. Le système de combat repose donc grandement sur votre capacité à gérer les ennemis de votre ligne, mais également des lignes adjacentes. Vous pouvez bien entendu passer d’une ligne à l’autre comme bon vous semble, mais vous disposez également de techniques attaquant plusieurs lignes, et vous pouvez encore définir la formation de vos personnages sur ces trois lignes (ce qui rapporte des bonus dans leurs stats selon la façon dont vous les positionnez). Le 3L-LMBS rend le jeu assez stratégique car il est dès lors très facile pour l’ennemi de se glisser derrière votre ligne de front pour s’en prendre à vos mages (et croyez-moi, ils ne se gêneront pas pour le faire).
Autre spécificité de cet opus, on note l’abandon de la jauge d’overlimit qui était présente dans ToD2 et ToS. À la place, chaque personnage dispose d’une jauge de rush. Celle-ci correspond plus ou moins à l’agressivité de votre personnage. Cette jauge, que vous pouvez également manipuler manuellement, a tendance à augmenter lorsque vous attaquez. Inversement, si vous vous défendez, elle a tendance à diminuer. La jauge de rush influe sur de nombreux facteurs en combat comme les dégâts que vous infligez et recevez, ou votre capacité à bloquer les attaques ennemis. On pourra aussi signaler l’abandon de la garde magique. Dans ce Tales, se défendre normalement suffit à se protéger d’un sort, pour peu que votre garde soit capable de l’encaisser.

Comme il a été indiqué plus haut, ToR se démarque des précédents opus par l’abandon du système de PM. À la place, vos techniques doivent être affiliées aux quatre directions (avant, arrière, haut et bas, contrairement aux autres opus qui utilisent les directions neutre, côté, haut et bas). À chaque direction correspond une jauge de Force (FG). Celle-ci se vide après utilisation de la technique qui lui est associée et se remplit de nouveau au fil du temps. Bien que vous puissiez toujours utiliser une technique avec un FG vide, celle-ci perd énormément en efficacité. Autre conséquence du système de FG, vous n’avez accès en combat qu’à quatre techniques (une pour chaque direction). Vous pouvez choisir quelles techniques associer à quelles directions, que ce soit quatre techniques différentes ou quatre fois la même technique. Comprenez toutefois que les autres techniques ne sont du coups pas disponibles en combat. Il en va de même pour vos coéquipiers pour qui également, ne sont utilisables que les techniques rattachées à leurs FG. Autre point lié aux techniques, chaque personnage dispose d’un force cube. Ce dernier vous permet d’attacher à chaque direction un effet supplémentaire à l’attaque (augmentation des dégâts, souffler l’ennemi au loin, etc.). Vous pouvez ainsi faire tourner le Force Cube afin de choisir quel effet associer à quelle direction.
Concernant les ougis ou sorts de plus hauts niveaux, ceux-ci doivent être rattachés aux tokugi/sorts de base et ne peuvent pas être utilisés tels quels. Pour pouvoir les activer, il faut d’abord utiliser un tokugi/sort de base, puis enchaîner sur l’ougi. Il faut aussi que le FG correspondant à l’ougi soit plein, et en général que le RG soit assez élevé. Ce système d’utilisation des ougi rend encore une fois le jeu assez stratégique puisque vous n’avez en conséquence pas accès à tout moment à vos techniques les plus puissantes.

À cela vient s’ajouter le point qui sans doute cause le plus de problèmes à ceux qui s’essaient à ce jeu pour la première fois : l’abandon des sorts de soin. Exit les Heal, Cure et autre Nurse, Tales of Rebirth se base sur un système de régénération de PV. À chacune de vos actions, vous régénérez un certains nombres de points de vie qui dépendent de vos stats, de celles de la technique, de votre équipement, et surtout de la difficulté à laquelle vous jouez (plus elle est élevée, plus vous régénérez de PV) et de votre niveau de rush. Plus votre jauge de rush est élevé, moins vous régénérez de points de vie. Au niveau maximum, votre régénération de PV devient nulle. Encore un point dont il faut tenir compte dans votre stratégie, puis qu’attaquer avec trop d’agressivité vous fera perdre rapidement votre capacité à vous soigner. Il vous faudra donc régulièrement faire varier votre RG pour jongler entre régénération de PV et utilisation des ougi.

Un bon combat dans un Tales ne serait pas complet sans qu’on parle de hi-ougi. Dans Rebirth, ils servent uniquement à conclure les combats et consistent en une attaque combinée entre un de vos mages et un de vos guerriers. Bien que peu nombreux, ils sont bien réalisés et chaque utilisation de l’un d’eux fait plaisir à voir, ne serait-ce que parce qu’ils sont assez rares d’utilisation.

Notons tout de même que le système de combat n’est pas sans défaut. Tout d’abord, il peut arriver que des ralentissements surviennent lorsque trop d’événements ont lieu en même temps. Autre point négatif, l’IA de vos coéquipiers est déplorable. Bien que ça soit régulièrement le cas dans la série, celle de ToR fait parfois peine à voir. C’est d’autant plus perceptible dans le cas d’Annie, pour laquelle vous pouvez être certain que l’IA sera incapable de lui faire faire son travail correctement. En contrepartie, le système est véritablement excellent lorsqu’il est joué à plusieurs. Enfin, un autre point ennuyeux, il peut arriver que vous ayez des problèmes de ciblage. Par là, j’entends que parfois, vous n’arrivez pas à cibler un ennemi, parce que le curseur changement de cible l’ignore royalement. Vous aurez parfois aussi la mauvaise surprise de vous retrouver à cibler un mauvais ennemi et attaquer en tournant le dos à votre adversaire le plus proche.

En restant dans le registre des spécificités de cet opus, on pourra parler de la cuisine et du système d’enhance/inherit. La cuisine occupe selon moi une place importante dans le jeu. Tout d’abord parce qu’elle permet bien entendu de vous soigner, ce qui est non négligeable dans ce Tales dépourvu de sorts de soin. Elle influe également sur votre RG, régénère vos FG, et peut vous attribuer différents effets comme une immunité contre certaines altérations ou même 10 secondes d’invincibilité au début du combat ! Autre point intéressant, chaque recette dispose d’un effet secret susceptible de sortir aléatoirement. Cet effet s’active au prochain combat et peut aller du gel de tous les ennemis sur le terrain à une multiplication de l’expérience par 4 ou de l’argent récolté par 5.
Le système d’enhance/inherit concerne quant à lui votre équipement. Les armes et armures que vous possédez gagnent des points d’enhance après chaque combat. Ces points peuvent être dépensés pour monter les stats de votre équipement. Lorsque vous avez suffisamment amélioré votre équipement, vous débloquez sa capacité latente : il s’agit d’une capacité spéciale susceptible de s’activer en combat quand vous attaquez pour votre arme ou quand vous vous défendez pour votre armure. On peut ainsi citer la possibilité d’infliger divers statuts à l’ennemi, une augmentation temporaire de ses stats, ou encore la très cheap multiplication des dégâts infligés par 32.
Dès l’instant où vous avez amélioré une pièce d’équipement, vous avez également la possibilité de faire de l’inherit. Ce processus quelque peu similaire au système de refine de ToD2 vous permet d’améliorer les stats de votre nouvel équipement, voire parfois de transférer quelques effets spéciaux en fusionnant votre ancien équipement dans le nouveau.


Durée de vie :

Côté durée de vie, comptez environ 40h pour finir le jeu. Si vous prenez le temps de réaliser les nombreuses quêtes annexes et surtout le donjon secret, vous pouvez encore rajouter une dizaine d’heures. Le jeu comprend en effet de nombreux événements optionnels et autre mini-jeux. Si certains sont véritablement sympathiques (comme le jeu de rafting), certains vous donneront toutefois envie de faire passer la console par la fenêtre (panic dream). Enfin, le donjon secret par sa complexité vaut le détour, en dépit d’une musique et d’un décor insupportables à la longue, et de la nécessité de devoir être au moins à la deuxième partie et le parcourir 3 fois (chaque nouveau parcours rajoutant 20 étages) pour le compléter entièrement.
Puisque l’on mentionne les nouvelles parties, sachez que le Grade Shop est toujours présent, et vous permet de commencer vos parties suivantes avec divers bonus. Si vous êtes désireux de compléter le jeu à 100%, comptez au moins deux parties puisque certains éléments ne sont débloqués qu’en new game + (entre autres, les derniers étages du donjon secret et les extensions d’un certain hi-ougi…). Vous devrez même finir le jeu deux fois si vous voulez pouvoir jouer à la difficulté maximale. Le jeu est d’ailleurs assez difficile, et annonce la couleur des autres opus 2D où l’on peut se faire exploser par des ennemis même en étant au niveau maximum.


Bande Son :

Côté bande son, le jeu nous propose du très bon Sakuraba. On reconnaît sans peine le style du compositeur au sommet de son art. Les musiques des villes et donjons collent parfaitement à l’ambiance et les musiques de combats sont rythmées, entraînantes, et comptent selon moi parmi les meilleures de la série avec celles de Destiny 2. Je ne saurai que trop vous conseiller d’aller récupérer l’OST du jeu pour vous faire une idée par vous-même.
N’oublions pas de souligner les doublages qui en plus d’être nombreux sont de grande qualité également.


Port PSP :

2008 voit l’arrivée du port du jeu sur la version PSP. Cette version est quasi identique à la version PS2. Elle apporte néanmoins des corrections pour certains bugs et des ajouts mineurs, comme une arène, un recueil d’illustrations, un niveau de difficulté supplémentaire, ou des cut-ins pour certains ennemis. Ces ajouts ne sont pas énormes et ne valent sans doute pas à eux seuls le détour, mais cette version PSP présente l’avantage indéniable de pouvoir être jouée sans problème de région et également d’avoir été accompagnée d’un excellent drama que je vous invite si ce n’est pas déjà fait à aller découvrir dans la section video.


Note finale : 17/20

Vous l’aurez compris, le système de ToR est probablement un des plus riches de toute la série, ce qui le rend également très complexe et posera donc des difficultés à certains. Il s’agit pourtant d’une expérience unique dans la série que je ne saurai que trop vous conseiller, en dépit de la barrière de la langue. La sortie de la version PSP devrait permettre de découvrir le jeu sans avoir à modifier son matériel, au détriment hélas du mode multi-joueur.

Les + :

- Des décors somptueux ;
- Des musiques de qualité ;
- Des personnages attachants ;
- Un système de combat riche, unique et prenant, à découvrir absolument !
- Une durée de vie conséquente ;
- Excellent à plusieurs ;
- Disaster Roar.

Les - :

- La répétition de certains éléments de décors ;
- L’IA, sur laquelle on peut souvent ne pas compter ;
- Quelques bugs assez gênants (pas autant que ceux que j’ai pu observer dans Abyss mais tout de même) ;
- Une fin trop rapide.
- Les programmeurs n’auraient pas dû fumer la moquette avant de décider des mini-jeux et du donjon secret.

Review réalisée par Kurusu