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 Tales of Legendia :

Alors que Namco avait jusqu'à présent réalisé un sans-faute avec la série des Tales of, la célèbre firme japonaise se retrouve victime de sa boulimie et nous offre un jeu mou et tiède, qui serait sorti trop tôt du four. Manquant de saveur et d'originalité, Tales of Legendia est un RPG vite fait bien fait à la réalisation irréprochable. Le problème, c'est qu'il se laisse jouer de manière agréable et mécanique, sans véritablement captiver le joueur, qui finira par se désintéresser d'un scénario trop prévisible et d'un système de jeu simplifié à l'extrême, qui perd du coup tout intérêt

Graphismes : 16/20

Voila un Tales of qui nous propose d'avoir des étoiles dans les yeux....enfin, tout dépend où l'on regarde. Au niveau des donjons du jeu,on ne peut que rester ébahi devant tant de beauté. Graphismes colorés et décors fouillés, qui sont aussi les marques de la série, sont une fois de plus présents et enchantent l'oeil du joueur qui commençait sérieusement à être désabusé.

Pour les combats, ça se complique un peu, car en effet, la beauté des décors est en contraste avec la modélisation assez mauvaise des personnages. Le design des monstres aussi laisse parfois à désirer... De plus, certaines techniques ou sorts manquent cruellement d'effets de lumière et semblent souvent trop petits. Il suffit de voir ce que donne le sort "indignation" pour se faire une idée...

La carte du monde, elle, est une des plus jolies. Car sachons-le, les world maps ne sont pas le point fort d'un Tales of...



Scénario : 15/20

Tout commence par une magnifique cinématique avec Senel et Shirley sur un navire, voguant sur les flots, tentant d'echapper à quelque chose ou quelqu'un...

Au large, une silhouette semble se dessiner dans la brume...et un continent entier surgit devant eux. Ballotés par les flots, ils echouèrent sur une plage de ce mystérieux continent...
Un individu, nommé Will, les trouvera sur cette plage et indiquera à Senel où trouver une source d'eau pure. Car Shirley ayant été aspergée d'eau de mer dans le naufrage, elle devient malade dès qu'elle entre en contact avec cette dernière. Inversement, l'eau pure lui permet de guérir...mais pourquoi?
Will leur expliquera qu'ils ont échoué sur le "Legacy", un immense vaisseau de la taille d'un continent, relique d'une ancienne civilisation disparue.
L'histoire vous amènera la plupart du temps à parcourir le monde à la recherche de Shirley, souvent kidnappée (lien de parenté avec Peach...?)
Vous vous rendrez compte au fil des heures que d'autres problèmes se trament secrètement dans ce gigantesque vaisseau...
Notons que le scénario se divise en deux parties: la quête principale, puis une fois cette dernière achevée, on passe aux "characters quest" qui nous en apprennent beaucoup sur les différents personnages de l'équipe.
Tales of Legendia a su me surprendre malgré la trivialité des dialogues notamment grâce à un système ingénieux d'une double fin ou plutôt de deux jeux en un et par ses capacités à nous trouver encore et toujours un nouvel ennemi principal tout en gardant une bonne cohérence.



Gameplay : 12/20

La saga des Tales of a toujours eu des systèmes de combat assez différents des RPG classiques. Legendia ne déroge pas à la règle et propose un système de combat fidèle à la série. A la façon des RPG classiques, les combats interviennent aléatoirement et vous placent dans une zone en 2D comme dans la plupart des Tales of.
Notre héros n'est pas l'épéiste habituel comme Stahn, Reid ou Lloyd mais un combattant à mains nues, à la façon de Farah ou Hermana. Ce dernier pourra apprendre des techniques uniques dans un Tales of : les projections au sol.
En effet, dès que vous mettez un ennemi à terre avec une technique normale ou qu'un sort suffisamment puissant l'y aide, vous pourrez attraper l'ennemi au sol et l'envoyer valser au loin ou bien le fracasser violemment au sol, selon la technique utilisée.
Le système de combat, du nom de X-LMBS (Cross linear motion battle system) permet...hum de passer derrière les ennemis en appuyant sur la touche bas du pad. Utile pour ne pas se faire bloquer dans un coin...

Les voix des personnages sont convaincantes et présentes à souhait (voire trop). Ajoutée à cela une musique rapide et entraînante, quoique pas toujours fidèle à la situation, et vous obtenez une bande sonore solide et une atmosphère légère dans le jeu en général.
On aura la possibilité de créer ses techniques dans le menu "compoud eres".
Il y a trois slots, dans les deux premiers on mélangera deux techniques apprises et masterisées. Le troisième slot permet d'ajouter un effet à la technique : poison, confusion, baisse de résistance face à un certain élément...etc
L'obtention de certaines techniques requiert la "masterisation" d'autres.
Pour les magiciens, il faudra trouver des "eres stones", sortes de pierres d'essences de monstres. Il vous en faudra suffisamment pour pouvoir débloquer un nouveau sort.
Une jauge est présente également : la "Climax jauge". Une fois celle-ci remplie, vous pourrez activer le "Climax mode" avec la touche L1, qui gèle l'écran et les ennemis, vous permettant de les enchaîner sans retenue .Si vous rappuyez sur cette même touche, vous déclencherez le "Climax combo" qui fait participer les quatres membres de l'équipe....mais rien de bien impressionnant.

Un système de création d'armes est disponible en ville (seulement une fois la quête principale achevée). Il faudra réunir certains objets pour créer une arme, une armure ou encore un accessoire. La cuisine est également présente. Vous devrez trouver non pas le wonder chef, mais Mimi, la wonder baker.
Les plats préparés se retrouvent dans votre panier. Vous ne pouvez transporter qu'un certain nombre de plats.



Durée de vie : 17/20

Un point fort du jeu, car il vous faudra une bonne trentaine d'heures pour terminer la quête principale, puis 30 de plus (voire 35) pour la deuxième partie du scénario.
Il y a beaucoup de déplacements sur la carte et dans les donjons.
Dans la 2e partie du jeu ça se corse. Il faudra faire du level up si vous ne voulez pas lutter contre un simple boss.
De plus, Legendia ne propose malheureusement pas de bateau ou d'aéronef comme dans les précédents opus. Vous devrez donc parcourir l'intégralité du Legacy à pied.
Heureusement, avant de rentrer dans chaque donjon ou ville, un système de téléporteur (duct) vous permettra de revenir à la ville principale pour aller à l'auberge ou faire le plein d'objets.
Vous pourrez reprendre ce même téléporteur pour revenir devant l'entrée de chaque donjon.
Et puis une fois le jeu terminé, vous aurez la possibilité de faire un "new game+" qui permet de dépenser les points de grade obtenus lors des combats pour pouvoir refaire une partie en gardant vos techniques, votre argent et bien d'autre choses.

Bande son / bruitage : 18/20

Là, attention les oreilles! Les musiques du jeu ne sont pas signées Motoï Sakuraba comme c'est souvent le cas dans un Tales of mais Go Shiina. Le résultat est aussi de très haut niveau. En fait, plus que la qualité des musiques, ce qui interpelle, c'est surtout l'originalité des musiques. Ne comprenez pas par là qu'on a à faire à des musiques psyché, prog ou décalé. Le compositeur a su se démarquer des autres productions de musique classique ou de progressif à la Sakuraba tout en gardant les mêmes ingrédients mais en les mélangeant d'une façon différente.
Certains morceaux épiques comme le titre « March » s'adaptent parfaitement à la situation et il arrive parfois de s'arrêter un moment pour écouter les musiques. Ceci dès le début du jeu, je pense notamment à la première chanson de carte, chantée par une artiste lyric de qualité. Ce qui est troublant c'est aussi l'utilisation de ces mélodies.
Pas toujours in propos, on peut se demander si avec l'abondance d'originalités dont déborde le soft, ces choix ont été faits de manière totalement légitime histoire de déstabiliser le joueur ou pas.

En bref : 14/20

Tales of Legendia n'est sans doute pas le meilleur Tales of. C'est évident que non. Pourtant il fait partie de mes préférés.
Ce que j'apprécie par-dessus tout c'est le travail d'une équipe de prodiges qui arrivent à nous faire grandement apprécier un personnage, à vivre sa quête avec lui, le soutenir à fond, pour le voir se rétamer royalement. La quête d'idéal de Senel, le héros de ce Tales of, est justement le fil conducteur du jeu et cet objet bouleversant c'est un personnage mûr et tourmenté par son passé, bref pas un gamin de quatorze ans, étonnamment super fort qui sauve la terre parce qu'il s'ennuie à l'école. Il est très fort uniquement parce qu'il a en sa possession des pierres de force (Eres) et qu'il a été dans un corps d'armée.
Pourtant l'ennemi arrivera très souvent à lui éclater la tronche et à le laisser pour mort. On ne gagne pas à tous les coups, ce qui est évidemment voulu pour renforcer le scénario. Sa course aux souvenirs donne un aspect très nostalgique mais aussi mélancolique à tout le jeu et on y croit. Ce qui nous permet d'accrocher aux personnages c'est aussi la dose d'humour hallucinante qu'il y a dans le jeu.

Review réalisée par Mortimer